
nsuite, on continue la préparation pour peinture : 1 couche d’accroche (jaune), ponçage complet, nouvelle couche d’accroche, re-ponçage, 1 couche d’enduit pistolable (blanc) pour gommer les micro-défauts qui apportent rugosité au toucher, encore un ponçage complet et, pour finir, 5 ou 7 couches de peinture (on avait du stock donc on en a profité !!). Entre le moment où la première pièce est entrée dans la cabine et le moment où la peinture a été achevée, il s’est écoulée une semaine complète de travail à trois (2 larbins corvéables à souhait et un patron ; et pas une semaine de 35h, je vous prie de le croire !!!!!).

’agissant de la peinture, c’est moi qui ai décidé des couleurs. J’ai ensuite fait fabriquer la peinture de A à Z. C’est entièrement du sur mesure. J’ai la chance de très bien connaître la société Becker Industrie qui m’a offert des services pour la lunette. Le primaire (jaune) a été fabriqué spécialement pour avoir une accroche sur l’inox (ce qui n’est pas habituel, puisque, normalement, l’inox n’est jamais peint, car la peinture est là pour éviter la corrosion, or, par nature, l’inox ne rouille pas, quod erat demonstrandum). Ce produit a été mis au point pour moi par Becker Industrie Montbrison. L’ensemble (primaire, couleurs, diluants ad hoc) représente un cadeau d’environ 1500€ !!!!!! Un groupe industriel (plusieurs milliers d’employés en Europe, leader de la peinture liquide industrielle) qui se mobilise pour offrir 20l de peinture, “faut l’faire !!!!” Et encore avec 20l, on repeint tout le village !!!!!! Cela s’appelle du mécénat, cela fait plaisir de connaître des gens comme ça, parce que, du salarié “de base” au Président Directeur Général (je les connais tous), ces gens sont tous accessibles, disponibles, compétents et d’une rigueur professionnelle irréprochable. Alors, du fond du coeur, à toi Stéphane et à vous Ralph, un merci à la mesure de votre gentillesse, de votre capacité d’écoute, de votre volonté d’aider un projet un peu “cinglé”, de votre désintéressement.

endant les périodes de séchage, nous avons joué au banto avec le capharnaüm de pièces d’accastillage de la 230 (et cette bague elle va où ? et ces 3 vis, et ces 2 écrous et le tube laiton là ça sert à quoi ??). Bref, une vraie partie de plaisir. Chaque pièce a été repolie par Christian (un pote au chômage), car, entre le polisseur et le remontage final, il s’est quand même écoulé 6 ans, alors, forcément, ça brillait moins. Comme pour le remontage il fallait que cela soit nickel, un préposé volontaire d’office à l’astiquage a été nommé.

ous avons vécu, Christian et moi, des instants absolument merveilleux en assemblant tel bloc de pièces avec tel autre. Nous n’avons pas vu la lunette revivre, on l’a sentie. C’est tout à fait autre chose.

e soir où Bill est arrivé de Nantes pour assister au montage qui était prévu le lendemain, toute la monture était assemblée dans l’atelier de chaudronnerie. Je peux vous dire qu’à la nuit tombée, quand je suis entré avec Bill, il y avait une drôle d’ambiance, le mécano et Christian étaient affairés sur le tube et la monture semblait revivre, seule, posée sur la grande table métallique, entièrement refaite à neuf, brillant de milliers de feux. On aurait dit que Jules Verne et le Capitaine Némo étaient avec nous. M. Manent, RB Cafferata et le père Josset contrôlaient que tout était en place et notre pote René Gouzy, assis dans un coin de l’atelier qui disait : “– Ah mon p’tit père, quel engin !!!” Moi je veux te dire René, que, sans toi, cette aventure, elle n’aurait pas pas eu le même goût. Ce sont de heures que je ne pourrais jamais oublier.