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Restauration de la lunette - 2/3
Lunette Père Jossetn mars 2000 j’ai la réponse de la Fondation : je suis lauréat sur 418 dossiers déposés !!!!!! C’est le démarrage. Premier chantier : le déchromage complet de toutes les pièces de la 230 qui ont subi ce préjudice. Je porte donc toutes ces dernières à Aulnat (63) chez Chrom’Ancien, pour décapage. Rendez-vous est pris pour le mois suivant. À la date convenue, M. Pétillon m’appelle pour me signaler la fin du travail, et quel travail !!!!! Chaque pièce (plus de cent en tout) lui est passée 3 fois dans les mains car, en plus du décapage, un polissage poussé a été pratiqué sur chaque pièce. M. Pétillon me confie au téléphone qu’il n’a jamais vu un tel capharnaüm de métaux nobles : cuivre, bronze, laiton. Je ne sais à quoi m’attendre mais vais chercher ces pièces le plus vite possible. Dans son atelier M. Pétillon a dégagé un établi complet et protégé mes pièces par un linge. Il m’accueille fort aimablement et me demande si j’ai idée de ce qui m’attend. Je lui dis que je ne comprends pas ce qu’il veut dire, et, à ce moment-là, il découvre l’établi … Là mes amis, le choc !!!!!!! C’est Jules Verne !!!! J’entends M. Pétillon me dire : “– Je ne sais pas à quoi ça sert ni d’où ça vient, mais, ce que peux vous dire, c’est que ça fait 40 ans que je suis polisseur et je n’ai jamais vu quelque chose de semblable … C’est absolument unique, magnifique et, de surcroît, ça vaut une véritable fortune !!!!!!!” Je suis trop choqué pour répondre. J’ai l’impression d’avoir devant moi la huitième merveille du monde … Et elle est à moi !!!!!!!

Lunette Père Josseta 230 est est 98% d’origine. En neuf, on dénombre le tube, le barillet, l’entraînement en alpha et les vis d’orientation du statif. C’est assez peu. Cela s’explique par le fait que cette lunette a été réalisée comme une oeuvre d’art.

Lunette Père Josset’usage des métaux nobles “inoxydables” a permis leur excellente conservation malgré cet aspect déplorable découvert en 1985. La restauration de la 230 représente un chantier monumental au niveau du remontage. J’étais le seul a avoir vu la lunette montée, c’était 20 ans auparavant, elle était absolument ruinée, certaines pièces m’ont été fournies “en vrac”, et là, il faut tout vérifier. Chaque filetage est contrôlé ; refait si nécessaire (aux anciens standards bien sûr), chaque bague est mise en place, les filets nettoyés. Bref, il y a plus de 250 pièces, vous imaginez le nombre d’heures !!!!!! On pense que le chantier total a duré trois mois, trois mois à ne faire que la lunette, pas le temps de faire autre chose. La monture et le statif ont été réalisés en fonte pour deux raisons principales : par rapport à l’acier, elle transmet peu les vibrations et ne s’oxyde qu’en surface. L’acier a été donc fort peu utilisé lors de la construction : le tube, une partie de la visserie et le mouvement lent en décli. En gros, un coup de brosse métallique et ça y est, c’est reparti pour un tour !! Bien évidemment, cela n’a pas été aussi simple !!!! À titre d’exemple, concernant les fourreaux qui contiennent les axes alpha et delta, la corrosion superficielle a changé leur aspect en leur donnant une allure “peau d’orange” assez minable (et surtout incompatible avec l’aspect final désiré). Il faut donc trouver une solution. Il aurait fallu passer un nombre inimaginable de couches d’enduit pour gommer les défauts de la surface. Là, le mécano réfléchit deux mn, il prend les deux fourreaux rugueux (malgré le métal mis à nu), fait le programme qui va bien, les met dans le tour numérique et, en 5mn, chaque fourreau ressort lisse comme une aile de voiture, prêt à peindre. La machine à enlevé 5/10ème (négligeable au niveau de la rigidité de la pièce).

Lunette Père Jossetour le festival de 1998, le statif et la monture avaient été peints rapidement. Au moment de la mise en place définitive il a fallu mettre le métal à nu pour appliquer les apprêts qu’on met avant (une de mes blagues préférées). Il a donc été nécessaire de décaper tous ces morceaux. C’est le seul travail que j’ai été capable de faire. Pour cela on m’a prêté une espèce de pistolet-frappeur (un vrai truc de fou, je ne savais même pas que ça existait, voir Galerie). Une fois ce travail terminé (3 jours), direction la salle de peinture. Dégraissage complet de chaque pièce, fin du décapage et on ne touche plus à rien, on laisse sécher (pas d’empreintes digitales sous peine de sanction grave, douloureuse et méritée !!!).
Restauration lunette Père Josset
(cliquez sur les photos pour les agrandir)

Photo ci-contre :
Si le Capitaine Némo avait été astronome, nul doute qu’il aurait rêvé devant ce capaharnaüm de laiton, bronze et cuivre…

Photos ci-dessous :
L’optique en 1993. Jean Texereau et Valméca ont fait ce qu’il fallait. 2 des 3 éléments du nouveau tube + le pare-lumière. Acier inoxydable de rigueur
Restauration lunette Père Josset Restauration lunette Père Josset
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