
l s’agit d’un réfracteur comportant un objectif achromatique de “Littrow”(1). L’objectif a les caractéristiques suivantes : il mesure 233 mm de diamètre pour une distance focale de 3096mm, ouverture 13,6. Il est de marque “Cooke, Troughton and Simms”, et a été taillé à la main, en 1929. Les mentions gravées sur la partie d’origine du barillet sont les suivantes et assez énigmatiques dans leur dernière partie (type et n°) : “Cooke, Troughton and Simms - Aperture 9” - Focal Length 122” - Type DA N°2526”. Il est composé de deux disques de verre, un crown biconvexe et un flint biconcave (à peine sensible sur sa face arrière). Mise à part l’optique, toute la lunette a été construite par la société française Manent entre 1929 et 1931/32. Comme beaucoup d’instruments d’astronomie, elle se compose de trois parties : le statif, la monture, le tube optique.

e statif pyramidal, constitué de trois étages de fonte creuse pour un poids de 620 kgs culmine à 2,52m du sol. La partie centrale comporte les trois vérins de réglage d’horizontalité complétés par les trois vis de blocage ad hoc, et aussi, le réglage en azimut.

ur le statif prend place la monture équatoriale. Elle est de type allemand et nécessite de procéder à un retournement pour le passage du méridien. Tous ses composants sont réalisés en fonte, ses accessoires en laiton ou bronze. Elle pèse environ 200kgs. Elle ne comportait pas, à l’origine, d’entraînement en déclinaison.

’ajout du mouvement en décli a été réalisé car je me suis dit que si cette technologie avait existé en 1929, RB Cafferata l’aurait sûrement intégré à la lunette. Il nous permet aussi de faire de l’imagerie numérique. Je ne considère pas le moins du monde avoir trahi le travail de M. Manent ou l’idée de RB Cafferata, je pense plutôt que c’est une excellente façon de poursuivre leur volonté en permettant ainsi à la 230 d’être parfaitement à la pointe (idée de départ de RB) malgré un âge plus que respectable. Sans lancer de fleur à qui que ce soit, un soin extrême à été porté par Serge à l’intégration d’un roue et d’une vis sans fin sur la monture. Tout a été fait dans les matériaux qui avaient utilisés à l’époque pour l’alpha. Nul ne peut se douter que ce mouvement est un ajout par rapport à l’origine, pari gagné, bravo l’artiste !!!!

e mouvement d’horlogerie qui constituait sa motorisation en alpha n’existait plus,j’ai donc été obligé de pallier ce manque. La roue et la vis en alpha sont aussi des créations 2006 ; les anciens composants étant absolument inutilisables

e tube de la 230 est relié à la monture par un jeu de colliers en laiton. Il est composé de 4 éléments et est réalisé en acier inoxydable. Il mesure environ 3,5m de long pour un diamètre de 240mm et un poids d’environ 180kgs. Il supporte à une extrémité le barillet porte-objectif et, à l’autre, le porte-oculaire en laiton. Le tube d’origine, très abîmé, est visible dans la galerie. Je n’ai pas à vous expliquer pourquoi il a été refait, m’est avis que la photo est assez explicite …

vant de pouvoir procéder à son l’installation, un énorme travail de restauration a été nécessaire. Parmi les innombrables problèmes posés, le plus crucial a été de trouver la personne capable d’assurer cette opération de bout en bout car je ne pouvais imaginer la confier à 10 ou 15 compagnons différents. Heureusement, j’ai trouvé l’oiseau rare en la personne de Serge Deconihout (société
Valméca à Puimichel).
1) Extraits de l’ouvrage “Lunettes et Télescopes” de Danjon et Couder (1979). Les auteurs s’expriment au sujet la formule Littrow en ces termes :
“– … En valeur absolue, ses courbures intérieures sont relativemet faibles, circonstance qui rend le montage plus facile ; d’autre part, si une imperfection du montage produit une légère inclinaison mutuelle des axes de figure des deux verres, le défaut optique qui en résulte est plus faible que pour les autres formes utilisées. Voici deux autres avantages, appréciables surtout dans le cas d’objectifs de grand diamètre. Sous l’influence de la pesanteur, les verres fléchissent dans leur monture : les surfaces éprouvent un léger déplacement dans une direction parallèle à l’axe optique ; la déformation est surtout sensible au voisinage immédiat des cales d’appui, qui soutiennent trois points équidistants du contour des verres. Une petite portion de la surface des lentilles située dans la région intéressée peut être assimilée à un prisme, subissant, du fait de la flexion, une petite rotation autonr d’un axe parallèle à son arête. Le type Littrow s’écarte le moins de cette condition rendant insensible l’effet de déformation des verres au voisinage de leurs supports. Enfin, de tous les objectifs à verre en contact, la formule Littrow est celle qui s’écarte le moins de la
condition de d’Alembert-Gauss …”
C’est seulement au point de vue de l’étendue du champ utilisable que ce type d’objectif présente une infériorité notable par rapport aux types concurrents.”
Le seul véritable inconvénient de cette formule est, selon les auteurs, la présence d’une coma intérieure assez forte, plus gênante en photographie qu’en visuel.