

ené Josset est l’aîné d’une fraterie de 11 enfants originaire de Lion-devant-Dun (Meuse). Ses parents tiennent un magasin de cycles. C’est dans cette grande et belle famille que la personnalité de René va se forger. Il a un goût prononcé pour la mécanique. Il a 7 ans lorsque la révélation pour
Dieu lui est faite. C’est à la sortie de la messe de minuit le 25 décembre 1916 que sa vie bascule vers la foi et l’astronomie. Ordonné prêtre en juin 1932 (Missions Étrangères de Paris), il part en Chine en septembre. Il arrive à Chunking en Novembre 1932 et, enfin, à Chengtu, le 14 février 1933. La période chinoise de sa vie lui apportera une dimension intellectuelle extraordinaire, une sérénité charismatique hors du commun. La vie là-bas ne ressemble à aucune autre, il apprend le chinois (qu’il parlait encore couramment en 1985 quand j’ai fait sa connaissance), il est chauffeur de la mission, joueur d’harmonium émérite, astronome : il installe sa lunette d’amateur dans les rizières et transporte les images du ciel dans les yeux émerveillés des enfants. Sa vie au Pays des Pandas Géants (endémiques de la province du Sétchouan) tient à la fois de la Croisière Jaune, de la “Canonnière du Yang-Tsé” et de “l’African Queen”. Il me racontera, les yeux brillants d’une lumière magnifique de l’homme qui se remmémore une période lointaine et révolue, le démontage de la voiture de la mission pour passer un gué dans les montagnes chinoises. La foi, quand vous l’entendez s’exprimer à travers des personnages aussi humbles, effacés, vous êtes obligé de l’admirer, quelles que soient vos croyances. Le Père Josset ne parlait jamais le premier de religion. Il fallait vraiment insister pour qu’il parle de sa vie d’homme de foi.

l rentre en France en janvier 38 puis part à la guerre en 39. Il est fait prisonnier lors de la débâcle et devient aumônier des prisonniers de guerre allemands. Il arrive en 53 à Évreux et prend la charge d’aumônier du Carmel. Il y restera 42 ans.

n novembre 1967, il achète à un collectionneur parisien une grosse lunette astronomique démontée mais en état de fonctionnement. Tandis que les pavés parisiens jouent les filles de l’air, le Père Josset installe sa dernière acquisition, véritable Léviathan d’une tonne. En même temps, il s’adonne à l’une de ses passions : la microscopie : il a pour cela deux loupes binoculaires Zeiss qui feraient rêver n’importe quel amateur. Ce sont ses travaux de microscopie qui vont lui permettre de financer une partie du paiement de la lunette. Ses aptitudes exceptionnelles pour la photographie font qu’il est l’homme de l’ombre pour un magasin parisien de photo : Odéon Photo. Il se voit confier les travaux dont personne ne veut. Nombre de ses propres clichés sont publiés dans “The scientific American”, dans “Nature” : j’ai eu l’immense et inattendu privilège de voir les originaux et leur publication dans les revues en question !!!!!!! Ces photos étaient légendées “Pr. Tartampion, Faculté des Sciences de XXX” et, en fait, elles sortaient de son studio au confort quasi monacal !!!!!!! En 1970, il publie ses photos du soleil qui feront sa célébrité (bien involontaire). La résolution des clichés solaires qu’il publie dans Ciel et Espace force le respect. Et bien cher lecteur, sachez que ces clichés dont certains sont publiés sur ce site, ont été faits à main levée, perché sur un escabeau bancal, à 3m du sol. Il n’avait pas de bague-raccord pour ses boîtiers Contarex SE. Il y a fort à parier que si René Josset était encore de ce monde, l’ère du numérique aurait transcendé ses aptitudes techniques, son “jusqu’auboutisme”. Le Père Josset est décédé le 4 avril 2001. Requiem in Pace. Il l’a bien mérité.

uand je vois le travail de RB Cafferata, le destin magnifique et humble du Père Josset, je me dis que, dans cette histoire rocambolesque, notre place est celle du maillon faible. Nous avons tout à prouver. Alors, au boulot !!!!!!!!!!!!!