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RB Cafferata en 1935,
astronome amateur |

itoyen anglais né à Newark-on-Trent au sein d’une famille très bourgeoise. L’
empire industriel familial prend place dans l’exploitation minière du gypse. Après avoir tenté une carrière dans la marine marchande, il intègre la société Cafferata & Co dès 1898. L’astronomie fait déjà partie de sa vie. À la fin du premier conflit mondial, il passe de longues périodes en France sur la French Riviera. Il fait construire à Nice une somptueuse villa qu’il coiffe en 1928 d’une coupole qui abrite son télescope Cassegrain de 620mm. À peine installé, il décide d’agrandir son observatoire, malheureusement la configuration de son terrain ne lui permet pas de le faire (permis de construire). Dès 1928, conseillé par son ami astronome amateur, Marcel de Kérolyr, il part s’installer dans les Basses-Alpes. Il fait construire, à quelques kms de Forcalquier, une très belle maison de maître qui comporte deux coupoles : une de 4,5m pour le télescope de 62cm et une de 6m pour la lunette de 23cm qu’il vient de commander. Pour installer sa sompteuse demeure sur son terrain de 6ha essentiellement constitué d’une vaste pinède fréquentée par les chèvres locales, il fait raser environ 1000 m2 de sol rocheux à la dynamite. En 1932, l’observatoire est achevé, M. Cafferata est alors sollicité par son ami Marcel de Kérolyr pour recevoir des émissaires du gouvernement français qui a mandaté un groupe d’astronomes avec pour mission de “tester” le ciel de la région afin de déterminer si cette dernière se prête à l’installation d’un observatoire astronomique professionnel moderne. M. Cafferata ouvre les portes de son observatoire “amateur” et montre les relevés météo qu’il a commencé à rédiger dès 1929. Ces informations et observations sont ajoutées au dossier qui sera remit au gouvernement. Dans le même temps M. de Kérolyr a pour ami Jean Giono, écrivain, auteur du livre “Le poids du ciel” illustré de nombreuses photographies du ciel faites par M. de Kérolyr (qui dispose d’un Newton de 800mm financé par le couple Dina, mécène de l’OHP). Il est plus que probable que Jean Giono a passé plusieurs nuits chez M. Cafferata à contempler la voûte céleste, afin d’y puiser l’inspiration pour son ouvrage. Au fil des nuits provençales, M. Cafferata s’adonne à sa passion pendant 4 ans. Toutes ses soirées sont consacrées à l’observation du ciel. Il partage ses sessions avec sa famille, ses amis. Les nuits lunaires sont travaillées à la grande lunette et, dès que la noirceur s’installe, le télescope entre en lice. La bibliothèque de l’observatoire comporte plus d’une centaine d’atlas, carte, guides qui permettent à M. Cafferata de se divertir tout en “travaillant”. Aucun phénomène céleste ne lui échappe, conjonctions, éclipses, occultations, observations de comète. Il ne saurait manquer une seule occasion d’observer le ciel.

alheureusement, le 31 mars 1936, après avoir disputé une partie de tennis, M. Cafferata est foudroyé par une crise cardiaque. Toute sa vie a été consacrée à l’observation du ciel. L’éternité ne fera pas exception à cette ligne de conduite, il fait construire un mausolée au bout de la grande pinède qu’aspecte l’horizon sud de la propriété. Au sommet d’un petit promontoire rocheux, sur le méridien, la ligne sacrée des étoiles, il est enterré à 100m de son magnifique observatoire. D’aucuns pensent que l’Histoire s’arrête là. Il n’en est rien. C’est en cette année 1936 que le gouvernement français, à la lecture du rapport confié par les astronomes mandatés dès 1932, décide d’installer à côté de Forcalquier son site astronomique qui portera quelques années plus tard un nom qui fait rêver encore aujourd’hui : l’Observatoire de Haute-Provence. M. Cafferata, simple astronome amateur anglais, a participé, sans le savoir à l’une des plus grandes aventures scientifiques françaises du début du siècle dernier. Chapeau bas, Monsieur l’amateur…

oncernant les maisons de maître ayant appartenu à RB Cafferata, il est important que j’apporte quelques précisions. Je les connais bien toutes les deux, notamment l’observatoire de Forcalquier.

B Cafferata a toujours été une personne au goût sûr et affirmé. Quand il a habité à Nice à partir de 1924, c’était la fin de la Belle-Époque. Les grandes fortunes européénnes se retrouvaient dans un pré-carré méditérranéen mondialement connu : la riviéra française, région côtière comprise entre Cannes et la frontière italienne.

uand il a fait construire la
Villa Natacha, il a fait construire une villa niçoise dans sa plus belle expression. C’était une maison merveilleuse, bien sûr très luxueuse, avec tout l’apparat de circonstance; à ceci près que RB n’était pas du tout imbus de lui-même, méprisant à l’encontre des gens qui travaillaient pour lui et, à la limite, il était certainement un peu “agacé” (voire gavé !!) par ce sens du paraître qui règne encore aujourd’hui dans cette magnifique région. J’ai visité la villa, vu les plans. Visiblement cette maison de maître a été massacrée par les différents propriétaires qui n’ont fait qu’étaler leur argent, tels des parvenus de base sans aucun sens du beau. Les magnifiques balcons “arts déco” ont été remplacés par des balcons en fer forgé, des terrasses ont été supprimées, un imbécile est même allé mettre une véranda turquoise (assortie à la rambarde de la piscine !!!!!) à côté de la coupole. C’est du grand n’importe quoi quand on connaît un peu l’histoire du propriétaire originel, original, mais au goût si sûr !!!! RB a lui-même dessiné les plans de cette villa, moi qui les connais bien je peux vous dire qu’on sent la différence de mondes …

’observatoire de Forcalquier s’en tire mieux, mis à part que les propriétaires qui ont précédé les occupants actuels sont allés massacrer (le mot est faible) la façade en la barbouillant d’une mauvaise peinture genre pissotière publique des années 50. À l’origine, RB Cafferata avait construit une” vraie maison de maître provençale” avec des pigments naturels. On voit ces pigmentst couleur ocre ressortir sous la barbouille infâme appliquée dans les années 60 (ce qui prouve qu’elle était de bien piètre qualité par rapport à l’enduit Cafferata). Il faudrait aujourd’hui dépenser une véritable fortune simplement pour faire disparaître cette couche honteuse. Il y avait de l’ocre jaune foncé, jaune clair, du rouge foncé, rouge clair. Tout cela devait se marier admirablement avec l’environnement naturel et constituer un écrin de rêve. L’allure de cette demeure est inimitable et demeure fort heureusement inchangé.

uand j’ai entrepris la restaurartion de la 230, j’ai essayé de respecter la volonté de son inventeur, je crois pouvoir dire, sans aucune fierté déplacée, que j’y suis arrivé.

omme quoi, ce n’est pas une question d’argent…